Sécuriser la production en eau et lutter contre la sécheresse dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales
Déposée · Proposition de loi · Environnement & énergie
proposition de loi visant à sécuriser la production en eau et à lutter contre la sécheresse dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales
Présentation du texte par ses auteurs
L’été 2025 a été particulièrement traumatisant pour le département de l’Aude, confronté à des incendies historiques, d’une intensité jamais connue. La Narbonnaise ou les Corbières ont perdu des milliers d’hectares détruits par les flammes, nécessitant le renfort massif de sapeurs‑pompiers venus de toute la France. Cette situation est la conséquence d’une sécheresse endémique, couplée au recul de la viticulture audoise, confrontée à une crise sans précédent.
Les départements de l’Aude et des Pyrénées‑Orientales enregistrent l’une des plus faibles pluviométries de France, comprise entre 300 et 600 millimètres selon les années, caractéristiques du climat méditerranéen. Ces précipitations variables d’une année à l’autre, créent un stress hydrique chronique qui affecte sévèrement l’agriculture, dominée par la viticulture. Ces contraintes climatiques aggravent la crise viticole languedocienne, déjà fragilisée par la concurrence déloyale des vins d’importation, par la baisse de la consommation française et par une réglementation toujours plus exigeante. Dans ce contexte, l’arrachage est parfois la dernière alternative offerte aux viticulteurs en difficulté, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’aménagement de nos paysages. En effet, la vigne joue un rôle de pare‑feu naturel en freinant la progression des incendies. Son recul dans les paysages des Corbières ou de la Narbonnaise amplifie considérablement l’intensité des feux, qui deviennent année après année immaîtrisables. L’État n’a pas pris la mesure des conséquences dramatiques engendrées par le recul massif de la viticulture.
Nous déplorons l’absence d’ambition en matière d’aménagement du territoire afin d’adapter l’Aude et les Pyrénées‑Orientales aux aléas climatiques récurrents, alors que nombre de nos voisins du pourtour méditerranéen ont, depuis des décennies, entrepris des projets d’ampleur pour mieux gérer et créer la ressource en eau. Nous dénonçons aussi l’inertie de l’administration française, aujourd’hui sous l’emprise d’une idéologie décroissante qui paralyse toute initiative d’aménagement hydraulique. De même, il n’appartient pas aux seuls viticulteurs, collectivités locales et acteurs économiques de porter ces projets, c’est bien à l’État et au gouvernement d’engager une planification de l’aménagement du territoire dans l’intérêt général.
Texte officiel déposé le 13 janvier 2026
Auteur : Frédéric Falcon
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (13 janvier 2026)