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Rendre effectif l’égal accès de tous à l’apprentissage de l’autonomie dans l’eau et de la nage

Déposée · Proposition de loi · Social & retraites

proposition de loi visant à rendre effectif l’égal accès de tous à l’apprentissage de l’autonomie dans l’eau et de la nage

Présentation du texte par ses auteurs

Nager est un plaisir pour des millions de Français ; c’est aussi un enjeu de sécurité publique. Chaque été en France, des centaines d’enfants et d’adultes décèdent par noyade, de s’être baignées ou d’être tombées dans les piscines, les rivières, les étangs, les lacs, la mer, l’océan. En 2024, lors de la période estivale, sur 1 244 noyades, 350 ont été mortelles . Un an après, en 2025, les noyades avaient augmenté de 14 % et les noyades mortelles de 16 % . La principale différence entre ces deux années a été la force et la précocité des épisodes caniculaires (mi‑juin début juillet). Sur cette période du début de l’été, les noyades étaient même en hausse de 50 %.

Le constat est donc double. Premièrement, dans la septième puissance économique au monde, le niveau d’apprentissage de la nage est largement insuffisant, malgré son inscription comme priorité nationale dans les programmes scolaires. Pourtant, à l’entrée en 6e, 1 enfant sur 3 ne sait pas nager. Ce sont 3 enfants sur 4 en Seine‑Saint‑Denis . A la fin de la 6e, c’est encore 2 enfants sur 10. Sur le reste de la population, c’est près d’1 Français sur 6 qui ne sait pas flotter, mettre la tête sous l’eau, ou faire quelques mouvements de nage : 1 jeune sur 20 (entre 15 et 24 ans) et 1 adulte sur 10 (entre 25 et 44 ans) . Les résultats du projet de recherche européen Aquatic Literacy For All Children (ALFAC), qui compare le niveau de littératie aquatique des enfants de 6 à 12 ans de 7 pays européens, devraient confirmer que la France se situe en queue de peloton pour l’enseignement de l’autonomie dans l’eau (être dans l’eau sans paniquer, immerger la tête, sortir de l’eau, flotter) et de la nage. Nous pouvons et nous devons faire mieux.

Deuxièmement, faute d’action politique réelle, le nombre de noyades continuera d’augmenter. Ces drames sont pourtant d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) « un des problèmes de santé publique les plus évitables, négligés et pressants » . Le changement climatique et l’inaction des gouvernements depuis 10 ans rendent inexorable l’augmentation en fréquence et en intensité des vagues de chaleur. Un enfant né en 2020 en connaîtra 7 fois plus qu’un enfant né en 1960. Se baigner est alors nécessaire, par confort ou par nécessité vitale pour faire face aux coups de chaud. Particulièrement quand on vit dans une bouilloire thermique. Tout corps d’eau est alors mis à profit, souvent très joyeusement, comme ce fut le cas au canal Saint‑Martin à Paris fin mai 2026. Les baigneurs en témoignaient : piégés dans des appartements changés en fournaise, la fraîcheur de la baignade dans le canal était le seul répit à portée de main.

Texte officiel déposé le 7 juillet 2026

Auteur : Mathilde Panot

Parcours

  1. Assemblée nationale — 1ère lecture (7 juillet 2026)

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