Réformer les ordonnances de protection pour renforcer la protection des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants
Déposée · Proposition de loi · Justice & sécurité
proposition de loi visant à réformer les ordonnances de protection pour renforcer la protection des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants
Présentation du texte par ses auteurs
« Début février, j’étais au parc avec les enfants. Il a débarqué. Les enfants ont refusé de l’approcher, ça l’a rendu fou. Il m’a attrapé au visage. (…) Et l’autre jour, j’étais sur le parking de Leader Price quand il a frappé à la fenêtre de ma voiture. J’étais avec mon fils. J’ai ouvert la portière et il m’a menacée. J’ai alors foncé dans le magasin en espérant qu’il parte, j’ai fait mes courses à toute vitesse. En sortant, j’ai demandé à un homme de m’accompagner. Maintenant, je demande toujours à quelqu’un de me raccompagner chez moi après le travail. J’ai peur. Je ne dors plus, je passe mon temps à vérifier partout. Et depuis septembre, ma mère vit avec moi pour me protéger. » ‑ Alice.
« Un jour où je sortais de chez ma sœur, il m’a arraché ma fille de sept mois, en pleine rue. Il l’a mise dans sa voiture, c’est allé très vite. J’ai hurlé, ma fille aussi, mais personne n’a réagi. J’ai tenté de la récupérer, de la faire sortir de la voiture, mais il m’a frappée, très violemment. Je ne pouvais rien faire. » ‑ Chloé.
Ces témoignages, je les ai recueillis dans la Somme, auprès d’habitantes de ma circonscription : ces femmes disent la violence, la peur, l’angoisse, qui persistent même après s’être séparées d’un homme violent. Elles ont souffert, souvent durant des années, à la maison, au sein de leur couple. Elles ont hésité à s’enfuir, avec des faux départs, avec des retours au domicile, sept en moyenne. Mais même une fois parties, ce n’est pas fini. Même le domicile quitté, l’histoire n’est pas achevée : l’ancien conjoint peut revenir, rôder, menacer, frapper.
Texte officiel déposé le 2 décembre 2025
Auteur : François Ruffin
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (2 décembre 2025)