Refonder le financement, l'organisation et les pratiques de la psychiatrie française
Déposée · Proposition de loi · Santé
proposition de loi visant à refonder le financement, l'organisation et les pratiques de la psychiatrie française
Présentation du texte par ses auteurs
En France, une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique au cours de sa vie. Si l’on ajoute les proches de ces personnes, on estime à 17 millions le nombre de Français·es concerné·es par la psychiatrie. Or, depuis de nombreuses années, la spécialité est devenue le parent pauvre d’un système de santé en déclin et connaît une crise structurelle sans précédent, qualifiée par de nombreux acteurs rencontrés de « casse organisée ». Prisonnières des logiques néolibérales des politiques d’austérité budgétaire, la psychiatrie adulte comme la pédopsychiatrie sont en surchauffe, et les soignant·es peinent à répondre aux besoins. Pourtant les besoins explosent, notamment chez les plus jeunes.
La grande cause nationale voulue par les gouvernements Barnier et Bayrou en 2025 et 2026, réduite à la gestion de l’urgence au détriment du soin au long cours et de la psychiatrie de secteur, n’a pas mis fin à la grande casse du secteur. Au contraire, ces deux dernières années, des lits et des services ont continué de fermer, partout dans le pays ; l’offre de soin s’est encore réduite et la réforme du financement de la psychiatrie n’a pas tenu ses promesses. Au point que la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté pointait au printemps 2026 « l’indifférence coupable de l’État » quant à la situation de la psychiatrie dans le pays. Par ailleurs, le dispositif « Mon soutien psy » ne répond pas aux besoins. Les fonds dédiés seraient pourtant précieux pour les structures dont les modes de prises en charge ont prouvé leur efficacité.
Agir n’est plus seulement une exigence, c’est une urgence absolue. Sortir le soin psychiatrique des logiques de marché et des objectifs nationaux de dépenses qui la condamnent à la sous‑dotation permanente, doit être la priorité de ceux qui en ont le pouvoir. Toute politique qui s’inscrit à terme dans ces objectifs de dépenses (ONDAM) est une politique d’austérité, condamnée d’avance à ne pas répondre aux besoins.
Texte officiel déposé le 13 octobre 2026
Auteur : Élise Leboucher
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (13 octobre 2026)