Reconnaître les victimes de l'exposition aux essais nucléaires français, à améliorer leur indemnisation et à commémorer leur souvenir
Déposée · Proposition de loi · Justice & sécurité
proposition de loi visant à reconnaître les victimes de l'exposition aux essais nucléaires français, à améliorer leur indemnisation et à commémorer leur souvenir
Présentation du texte par ses auteurs
Profondément ébranlée par la Seconde Guerre mondiale et le contexte de la Guerre Froide, la France choisit de se doter de l’arme atomique. Tout en effectuant ses premiers essais nucléaires, atmosphériques à Reggane, et en galerie souterraine dans le Hoggar, en Algérie, de 1960 à 1966, les autorités françaises recherchent d’autres sites d’expérimentation, en vue de maîtriser la technologie thermonucléaire, à l’instar des autres puissances dotées.
Au lendemain des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, le monde se réveille dans l’horreur, découvrant la puissance inédite de l’arme atomique. Cette prise de conscience révèle l’ampleur des destructions, des souffrances et des risques, parfois invisibles, liés à cette nouvelle réalité. Les conséquences des explosions nucléaires sur l’environnement et sur l’homme sont désormais manifestes, et les autorités françaises tiennent compte de plusieurs critères pour choisir les sites aptes à accueillir les infrastructures et les opérations d’un centre d’expérimentation nucléaire. La densité démographique est particulièrement déterminante. En 1960, la France hexagonale comptait 86 habitants au kilomètre carré, l’Europe 57.5, l’Algérie 4.7, et la Polynésie française 0.02. Ces écarts expliquent en partie le choix porté sur les atolls de Moruroa et Fangataufa, dans l’archipel des Tuamotu‑Gambier.
De 1966 à 1996, le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) réalise 193 essais nucléaires. Jusqu’en 1974, 46 essais atmosphériques sont effectués selon différentes modalités : 4 tirs sur barge à la surface du lagon, 5 tirs de sécurité à quelques mètres de la partie émergée de l’atoll, 3 largages depuis des chasseurs bombardiers, type Mirage et Jaguar et 34 explosions en altitude, sous des ballons captifs.
Texte officiel déposé le 14 octobre 2025
Auteur : Mereana Reid Arbelot
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (14 octobre 2025)