Reconnaître la pénibilité des métiers féminisés
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proposition de loi visant à reconnaître la pénibilité des métiers « féminisés »
Présentation du texte par ses auteurs
Cette proposition de loi vise à faire reconnaître la pénibilité des métiers « féminisés ». La pénibilité de ces métiers est sous‑estimée, ce qui conduit à une moindre protection des femmes par le code du travail.
Les femmes sont surreprésentées dans certaines catégories professionnelles, au sein de métiers « féminisés ». La direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) indique à ce sujet que dix des 87 familles professionnelles rassemblent près de la moitié des femmes. Un cinquième de l’emploi des femmes se concentre sur les métiers d’agent·es d’entretien, d’enseignant·es et d’aides‑soignant·es. Ainsi, 87 % des infirmier·es, 91 % des aides‑soignant·es, 97 % des aides à domicile et des aides ménagères, 73 % des agent·es d’entretien, 76 % des caissier·es, des vendeuses et vendeurs sont des femmes. Parmi les personnels de l’éducation nationale, les femmes représentent 92,4 % des accompagnant·es d’élèves en situation de handicap (AESH), 86,4 % des enseignant·es du premier degré… mais seulement 51,4 % personnels d’inspection et 39 % des professeur·es de chaires supérieures dans le second degré public.
Ces métiers « féminisés » sont majoritairement ceux décrits comme « en première ligne » lors de la crise du Covid‑19. Le 13 avril 2020, M. Emmanuel Macron s’adressait aux Français et Françaises et affirmait « notre pays, tient tout entier, sur des femmes et des hommes que nos économies rémunèrent si mal ». Des métiers qui sont occupés par une écrasante majorité de femmes et sous‑valorisés dans les classifications, notamment dans les métiers de soins, dans le secteur du commerce et de la distribution ou encore dans celui du nettoyage et de la sous‑traitance. Dans une tribune publiée dans le Monde cinq jours après l’allocution de M. Emmanuel Macron, des chercheuses, des chercheurs et l’ensemble des représentantes et représentants syndicaux expliquent que « tous marqués par cette féminisation, ce sont des « métiers de femmes », implicitement pour les femmes. Il s’agit d’éduquer, soigner, assister, nettoyer, conseiller, écouter, coordonner… bref, de faire appel à des « compétences présumées innées », si « naturelles » quand on est femme… Cette dévalorisation est l’un des facteurs expliquant les 26 % d’écarts salariaux entre les femmes et les hommes ». Ainsi, malgré leur rôle essentiel, les tâches effectuées sont considérées comme ne nécessitant pas de qualification particulière.
Texte officiel déposé le 15 octobre 2024
Auteur : Gabrielle Cathala
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (20 novembre 2024)