Lutter contre le morcellement du suivi médical
Déposée · Proposition de loi · Santé
proposition de loi visant à lutter contre le morcellement du suivi médical
Présentation du texte par ses auteurs
Depuis plusieurs années, notre système de soins de premier recours, notamment dans les zones rurales et enclavées, est confronté à des tensions croissantes : diminution du nombre de médecins généralistes, difficultés d’accès aux soins du quotidien, augmentation du recours aux urgences et fragmentation du suivi médical. Si le médecin traitant demeure le pilier de la prise en charge coordonnée du patient, son rôle est aujourd’hui fragilisé par la multiplication de structures proposant des consultations ponctuelles, souvent sans rendez‑vous, qui ne s’inscrivent pas dans un parcours de soins continu. Ces structures, parfois désignées sous le terme de « maison médicale » sans en assumer la réalité d’organisation collective et de permanence des soins, entretiennent une confusion pour les patients et contribuent à déséquilibrer l’attractivité de la médecine de proximité.
Dans ce contexte, les patients les plus vulnérables sont ceux qui pâtissent le plus des limites de ce système. Les personnes en perte d’autonomie, les malades chroniques, les personnes âgées isolées ou en situation de décompensation se heurtent à une difficulté croissante à obtenir une visite à domicile. Or, cette visite constitue souvent un acte déterminant en permettant d’évaluer l’environnement, d’éviter des hospitalisations inutiles et de prévenir des aggravations. Pourtant, elle est aujourd’hui faiblement valorisée, chronophage et difficilement soutenable pour les médecins libéraux, ce qui conduit trop fréquemment ces patients vers les services d’urgence, avec des conséquences médicales, humaines et financières importantes.
Parallèlement, les infirmiers en pratique avancée offrent une opportunité majeure pour renforcer l’accès aux soins, en particulier dans les territoires en tension. Toutefois, leur intégration au sein des équipes de soins reste insuffisamment structurée. La coopération entre le médecin traitant et l’infirmier en pratique avancée repose encore trop souvent sur des démarches informelles, alors même qu’une transmission clinique organisée et régulière permettrait d’améliorer la qualité du suivi et de sécuriser les parcours des patients. Le temps consacré à cette coordination n’est aujourd’hui ni reconnu, ni rémunéré, ce qui freine le développement effectif de ces pratiques.
Texte officiel déposé le 4 février 2026
Auteur : Christelle D'Intorni
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (4 février 2026)