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Lutter contre la précarité et garantir la dignité de l’emploi des jeunes

Déposée · Proposition de loi · Travail & emploi

proposition de loi visant à lutter contre la précarité et garantir la dignité de l’emploi des jeunes

Présentation du texte par ses auteurs

Le Mouvement des entreprises de France (Medef) révèle son projet d’offensive contre la jeunesse. Son président, Patrick Martin, avance les propositions suivantes : création d’un contrat précaire « à droits progressifs » inspiré de l’équivalent italien créé en 2016 par le social‑démocrate Matteo Renzi. Ce contrat rêvé par le Medef permettrait un licenciement sans motifs pendant trois ans, une rémunération en dessous du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les jeunes et la suppression de la norme hebdomadaire de vingt‑quatre heures pour le temps partiel. Autrement dit, une régression sans précédent des droits des jeunes travailleurs. Le président du Medef prétend vouloir faciliter l’embauche en créant une génération de travailleurs moins protégés, précarisés et sous‑payés. Le patronat attaque ainsi les droits de tous les travailleurs et leurs conquis sociaux, en concentrant les exigences de rentabilité des entreprises par les plus jeunes.

Vingt ans après la victoire contre le contrat première embauche à travers la lutte populaire, qui a marqué toute une génération, le patronat français ressort des propositions qui institutionnalisent la précarité comme la norme d’entrée en entreprise. Le devoir de l’Assemblée nationale est de réaffirmer et renforcer les droits des salariés – et en particulier garantir à la jeunesse un accès digne et stable à l’emploi.

Car aujourd’hui, les conditions de vie de la jeunesse française sont particulièrement dégradées. Les moins de 30 ans sont plus touchés par le chômage, la précarité et le mal logement. En 2024, 12,9 % des jeunes âgés de 15 ans à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en étude, ni en formation (NEET). D’après l’INSEE, le taux de chômage des jeunes est considérablement supérieur à celui du reste de la population, atteignant 18,8 % en moyenne sur l’année 2024 pour les 15‑24 ans, contre 6,7 % chez les 25‑49 ans et 4,9 % chez les 50 ans ou plus. Alors qu’un jeune sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, près de la moitié d’entre eux rencontre des difficultés à se procurer une alimentation saine et équilibrée, et un tiers sont contraints de sauter des repas. Face à cette situation, 50 % des jeunes expriment un fort sentiment d’angoisse en pensant à leur situation actuelle et à leur avenir d’après le baromètre d’IPSOS et du Secours Populaire de septembre 2025. Ce taux d’angoisse monte sans doute à 100 % quand ils entendent M. Patrick Martin.

Texte officiel déposé le 27 mars 2026

Auteur : Hadrien Clouet

Parcours

  1. Assemblée nationale — 1ère lecture (27 mars 2026)

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