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Garantir à tous les travailleurs les conditions d’une vie digne en instaurant l’échelle mobile des salaires

Déposée · Proposition de loi · Travail & emploi

proposition de loi visant à garantir à tous les travailleurs les conditions d’une vie digne en instaurant l’échelle mobile des salaires

Présentation du texte par ses auteurs

La France connaît un nouvel épisode inflationniste depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran par les États‑unis et Israël en février 2026. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % depuis avril 2025, et ceux des carburants atteignent des sommets (+ 36 % pour le gazole et + 20 % pour l’essence depuis le début de la guerre). Ils sont encore plus élevés parmi les 20 % les plus pauvres, dont la consommation courante (alimentaire, loyers, énergie, transports) a connu un emballement inflationniste de 0,6 % en février, 1 % en mars et 1,1 % en avril. En conséquence, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est automatiquement revalorisé à hauteur de 2,4 % le 1er juin 2026. Cette revalorisation ne rendra pas les quatre mois d’impôt privé que représente l’inflation entre janvier et mai : elle remet juste les compteurs à zéro à partir de juin… et sera dépassée d’ici quelques semaines.

Mais cette hausse de salaire ne concerne que les 2,2 millions de salariés au SMIC. Pour les autres 24,6 millions de personnes occupant un emploi salarié en France, il n’y aura pas de revalorisation. Ainsi, la grande majorité des travailleurs perd de l’argent en travaillant. Les salaires augmentent moins vite que l’inflation et ne suffisent pas à faire face à la flambée des prix. Le salaire net moyen en équivalent temps plein des salariés du secteur privé calculé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) (en euros constants, c’est‑à‑dire corrections faites de l’inflation) est presque gelé : + 4,2 % depuis 2008, soit 0,3 % seulement en moyenne par an. Dans la Fonction publique en revanche, il a diminué de 0,6 % sur la même période, conséquence du gel du point d’indice. Une bien faible évolution donc - lorsqu’elle existe - comparée aux périodes de forte inflation que la France a connues depuis 2021 (5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, 2 % en 2024). Depuis lors, les prix des biens de première nécessité et les dépenses contraintes ont explosé : + 21 % pour l’alimentation, + 24 % pour l’électricité, + 47 % pour le gaz et + 11 % pour les loyers.

Aujourd’hui le travail ne protège plus de la pauvreté et ne suffit pas pour vivre dignement. 69 % des salariés gagnent moins que le salaire net moyen, et 2,3 millions d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Faute d’indexation sur l’inflation, les salaires se font rattraper par le SMIC, voire dépasser. Au 1er juin 2026, sur les 230 branches professionnelles, 76 ont des minima inférieurs au SMIC. Les 6,1 millions de salariés concernés risquent de basculer dans la catégorie des travailleurs pauvres. Face à la hausse des prix, de plus en plus de Françaises et Français sont contraints à la privation matérielle. 79 % d’entre elles et eux déclarent devoir « se serrer la ceinture », une grande partie se prive de vacances (40 %) et de loisirs (64 %), un tiers saute des repas et renonce à des soins par manque de moyens.

Texte officiel déposé le 9 juin 2026

Auteur : Hadrien Clouet

Parcours

  1. Assemblée nationale — 1ère lecture (9 juin 2026)

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