Fermer l’établissement pénitentiaire du camp-est en Nouvelle-Calédonie
Déposée · Proposition de loi · Justice & sécurité
proposition de loi visant à fermer l’établissement pénitentiaire du camp-est en Nouvelle-Calédonie
Présentation du texte par ses auteurs
La République a l’obligation de garantir la dignité de chaque personne détenue. Cette exigence émane tant de la Constitution et de la législation que des engagements internationaux de la France. Mais ce qui devrait être une exigence minimale est bafoué quotidiennement au centre pénitentiaire dit du Camp‑Est situé à Nouméa, en Kanaky‑Nouvelle‑Calédonie.
Cette prison est un symbole de l’inhumanité carcérale, des conditions de détention contraires à la dignité humaine. Son nom et ses locaux sont directement hérités du bagne installé par l’administration coloniale française depuis 1864, pour y déporter des forçats de droit commun, ainsi que des prisonniers politiques. Le poids symbolique de cette histoire coloniale est particulièrement lourd. Initialement construit pour y enfermer des prisonniers venus de France ou issus de la répression coloniale, c’est aujourd’hui le haut lieu d’enfermement des kanak sur leur propre sol.
En effet, plus de 90 % des détenus sont kanaks, alors qu’ils représentent seulement 41 % de la population. Les autres détenus sont essentiellement océaniens. En proportion de sa population, la Kanaky‑Nouvelle‑Calédonie compte 2,5 fois plus de personnes détenues que l’Hexagone, soit 265 personnes détenues pour 100 000 habitants. Ce taux d’incarcération est le résultat tant d’inégalités sociales structurelles, que de la persistance d’un système judiciaire colonial qui aboutit à une surreprésentation massive des Kanak parmi les prisonniers du Camp‑Est.
Texte officiel déposé le 30 septembre 2025
Auteur : Bastien Lachaud
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (30 septembre 2025)