Assurer une continuité pédagogique pour tous les enfants scolarisés
Déposée · Proposition de loi · Social & retraites
proposition de loi visant à assurer une continuité pédagogique pour tous les enfants scolarisés
Présentation du texte par ses auteurs
La question du logement connaît une crise actuelle sans précédent : 4,1 millions de personnes sont aujourd’hui mal logées et le nombre de personnes sans domicile fixe a plus que doublé depuis une dizaine d’années, passant de 143 000 à 300 000. Cette crise du logement met en difficulté de nombreuses familles, qui consacrent une part importante de leur revenu à se loger. Résultat : les expulsions explosent. Le parc de logements sociaux ne permet pas de répondre aux besoins de ces ménages, puisque plus de deux millions de familles sont actuellement en attente d’un logement social. Ce chiffre a même bondi de 20 % ces huit dernières années.
La déscolarisation des enfants est intrinsèquement liée à celle du mal‑logement. À la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de trois ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115. La situation s’aggrave d’année en année puisque ces chiffres ne cessent d’augmenter : le nombre d’enfants sans solution d’hébergement a augmenté de 6 % par rapport à 2024 et de 30 % depuis 2022. Par ailleurs, la très grande majorité des personnes qui vivent en famille indique avoir déjà dormi à la rue la veille de leur appel au 115. Ces chiffres sont même en dessous des estimations : de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115 et les mineurs non accompagnés sans abri et les familles vivant en squats ou en bidonvilles ne sont pas comptabilisés. En réalité, on estime qu’entre 80 000 et 100 000 enfants sont concernés par le mal‑logement, ce qui représente une hausse de 120 % depuis 2020. La loi Kasbarian‑Bergé, entrée en vigueur à l’été 2023, facilite les expulsions locatives, par exemple pour des impayés de loyers, ce qui va conduire à une nouvelle aggravation de la situation.
Les enfants concernés par le mal‑logement doivent attendre en moyenne six mois pour retrouver un hébergement et recommencer l’école. Ces enfants non scolarisés accumulent des lacunes par rapport à leurs camarades, sont exclus des campagnes de vaccination et sont sous‑détectés quand ils subissent des violences intrafamiliales.
Texte officiel déposé le 14 octobre 2025
Auteur : Ersilia Soudais
Parcours
- Assemblée nationale — 1ère lecture (14 octobre 2025)